L’orteil en griffe est une déformation fréquente du pied qui touche un ou plusieurs orteils (souvent le deuxième, troisième ou quatrième). Si cette pathologie commence généralement de façon indolore ou simplement gênante dans les chaussures, elle peut progresser et devenir très invalidante. Face à des douleurs chroniques ou des difficultés à se chausser, la question du traitement chirurgical se pose. Quand faut-il se faire opérer d’un orteil en griffe ? Explications détaillées sur les indications chirurgicales, les signes d’alerte et les différentes prises en charge.
Qu’est-ce qu’un orteil en griffe (ou en marteau) ?
L’orteil en griffe correspond à une rétraction progressive des tendons et ligaments qui contrôlent les articulations de l’orteil. Cela entraîne une hyperflexion des phalanges : l’orteil se recroqueville et pointe vers le bas, tandis que l’articulation interphalangienne bombe vers le haut.

Il convient de distinguer deux stades :
- L’orteil en griffe souple (ou réductible) : la déformation peut encore être corrigée manuellement lors de l’examen clinique.
- L’orteil en griffe fixe (ou enraidie) : l’articulation est bloquée dans sa position vicieuse. Il est impossible de redresser l’orteil à la main.
Les traitements médicaux avant la chirurgie
Dans un premier temps, la prise en charge d’un orteil en griffe est toujours médicale et conservatrice. La chirurgie n’est jamais proposée d’emblée, sauf en cas de complications infectieuses ou cutanées graves.
Avant d’envisager une opération, plusieurs solutions médicales doivent être essayées :
- L’adaptation du chaussage : porter des chaussures plus larges, sans coutures agressives au-dessus de l’avant-pied et sans talons.
- Les soins de pédicurie : pour araser les cors ou durillons douloureux formés par les frottements répétitifs.
- L’orthoplastie : la réalisation de petites orthèses en silicone sur mesure pour protéger les zones de frottement.
- Les semelles orthopédiques (orthèses plantaires) : pour modifier la répartition des appuis sous l’avant-pied et réduire les hyperpressions.
Si ces traitements permettent de soulager la douleur et de ralentir l’évolution de l’orteil en griffe, ils ne permettent pas de corriger la déformation et de guérir définitivement l’orteil en griffe.
Quand l’opération devient-elle nécessaire ?
La chirurgie de l’orteil en griffe intervient lorsque les traitements conservateurs ne suffisent plus à assurer votre confort. Il existe trois critères qui posent l’indication opératoire :
1. La douleur persistante et la gêne au chaussage
Le motif principal d’intervention est la douleur. Elle se manifeste généralement au-dessus de l’orteil par le frottement contre la chaussure, ou sous le pied (métatarsalgies) en raison de l’appui excessif sur les têtes métatarsiennes. Lorsque le simple fait de se chausser ou de marcher devient inconfortable, malgré des chaussures adaptées, l’opération doit être discutée.
2. La déformation fixe et irréductible
Lorsque la griffe devient fixe (enraidie), les tendons se sont rétractés de manière permanente. Les orthèses en silicone ou les semelles ne parviennent plus à corriger la position de l’orteil. L’intervention permet alors de restaurer un alignement anatomique plat pour redonner au pied une morphologie normale.
3. Les complications cutanées (cornes, durillons, plaies)
Les frottements chroniques entraînent l’apparition de cors douloureux sur le dos de l’orteil ou à son extrémité. Chez certains patients, notamment les personnes diabétiques ou souffrant de troubles vasculaires, ces hyperpressions peuvent évoluer vers des ulcérations ou des plaies infectées. Pour éviter tout risque d’infection osseuse (ostéite), la correction chirurgicale s’impose rapidement.
En quoi consiste la chirurgie de l’orteil en griffe ?
L’intervention chirurgicale a pour objectif de réaligner l’orteil et de supprimer la bosse responsable des frottements. Selon le degré de déformation et la rigidité de la griffe, le chirurgien orthopédiste adapte sa technique :
- Sur une griffe souple : le geste porte principalement sur les tissus mous (section ou allongement des tendons rétractés).
- Sur une griffe fixe : une résection osseuse partielle de l’articulation bloquée (arthroplastie) est nécessaire en plus de l’allongement tendineux.
Ces interventions se pratiquent en chirurgie ambulatoire sous anesthésie locorégionale. De nos jours, les techniques mini-invasives ou percutanées permettent d’effectuer ces gestes à travers de minuscules incisions, réduisant ainsi les cicatrices et les douleurs post-opératoires. La reprise de la marche en appui complet est possible dès le jour de la chirurgie
Ce qu’il faut retenir
Il ne faut pas opérer un orteil en griffe pour des motifs uniquement esthétiques. La décision d’opérer repose sur l’échec des traitements médicaux, la gêne fonctionnelle et l’apparition de complications cutanées ou infectieuses. Si vous observez l’apparition de déformations des orteils ou si vous éprouvez des difficultés à vous chausser, consultez un chirurgien orthopédiste pour établir un bilan précis.