La hanche est l’une des articulations les plus sollicitées de notre corps. Lorsqu’elle devient douloureuse, le retentissement quotidien est majeur : marcher, mettre ses chaussures ou se lever d’une chaise devient difficile. Face à une dégradation de l’articulation, l’arthroplastie (la pose d’une prothèse de hanche) est une intervention fréquente avec d’excellents résultats fonctionnels.

Mais comment savoir si le moment est venu de franchir le pas ? En tant que chirurgien orthopédiste spécialiste de la hanche, je vous aide à identifier les signes médicaux qui doivent faire envisager cette opération.
1. Comprendre la cause : l’arthrose de hanche (coxarthrose).
Dans la grande majorité des cas, la nécessité d’une prothèse vient de la coxarthrose, c’est-à dire l’usure progressive du cartilage de l’articulation. Privés de ce « coussin » protecteur, les os frottent l’un contre l’autre, provoquant des douleurs et une raideur croissante.
D’autres pathologies peuvent également mener à l’intervention :
- La nécrose : une perte d’irrigation sanguine qui entraîne la destruction de la tête du fémur.
- Les séquelles de traumatismes : une fracture de hanche mal consolidée
- Les maladies inflammatoires : comme la polyarthrite rhumatoïde.

2. Les 4 signes cliniques qui doivent vous faire consulter
L’indication opératoire ne dépend pas uniquement de vos radiographies, mais avant tout de votre ressenti et de l’impact de la douleur sur votre qualité de vie. Voici les principaux signaux qui doivent vous alerter :
Une douleur rebelle et invalidante
La douleur liée à l’arthrose se situe généralement dans le pli de l’aine ou la fesse, et peut irradier vers le genou. Au début, elle ne survient qu’à l’effort. Mais lorsque l’usure progresse, la douleur devient constante, persiste au repos et provoque des réveils nocturnes.
Une raideur articulaire engendrant une perte de mobilité
Vous éprouvez des difficultés croissantes à écarter la jambe ou à effectuer des mouvements de rotation. Mettre des chaussettes, monter des escaliers ou monter en voiture devient difficile.
Une boiterie à la marche
Pour soulager l’articulation douloureuse, vous modifiez inconsciemment votre démarche. Cette boiterie d’esquive réduit progressivement vos déplacements et peut finir par impacter vos lombaires ainsi que l’autre jambe.
L’échec des traitements médicaux conservateurs
La prothèse de hanche n’est jamais proposée en première intention. On l’envisage lorsque les traitements non chirurgicaux ne suffisent plus à vous soulager :
- Prise d’antalgiques et d’anti-inflammatoires.
- Séances de kinésithérapie pour entretenir la musculature.
- Infiltrations de corticoïdes ou d’acide hyaluronique.
3. Quel est le « bon âge » pour une prothèse de hanche ?
C’est une idée reçue tenace : il faudrait attendre d’être « vieux » pour se faire opérer. Aujourd’hui, il n’y a pas d’âge idéal, il n’y a que de bonnes indications.
- Chez les patients seniors (70 ans et plus) : L’objectif est de préserver l’autonomie, d’éviter l’isolement et de maintenir une marche sécurisée pour prévenir les chutes.
- Chez les patients plus jeunes (moins de 60 ans) : Les exigences de vie active et professionnelle sont fortes. Grâce aux progrès technologiques, les prothèses actuelles (avec couples de frottement en céramique) ont une durée de vie presque illimité, ce qui permet d’opérer des patients jeunes sans craindre une usure prématurée.
Le risque d’attendre trop longtemps : Retarder excessivement l’intervention peut entraîner une fonte musculaire (amyotrophie) et une raideur sévère, ce qui rend la rééducation post opératoire plus longue et plus complexe.
4. Comment se déroule la décision opératoire ?
La décision finale se prend lors d’une consultation spécialisée avec votre chirurgien orthopédiste. Elle s’appuie sur un faisceau d’arguments :
- L’interrogatoire et l’examen clinique : Évaluation de votre douleur, de votre périmètre de marche et de la souplesse de votre hanche.
- Le bilan radiologique : Des radiographies de face et de profil de la hanche permettent de mesurer précisément le pincement de l’articulation et l’usure du cartilage.
- Vos objectifs de vie : Un patient souhaitant reprendre le vélo ou le jardinage n’aura pas les mêmes attentes qu’un patient sédentaire.
Grâce aux techniques modernes de chirurgie mini-invasive (comme la voie d’abord antérieure, qui préserve les muscles), l’hospitalisation est aujourd’hui très courte (parfois en ambulatoire), les douleurs sont faibles et la récupération très rapide. La reprise d’une marche normale sans canne se fait généralement en quelques semaines.
Conclusion : Prenez les devants
Souffrir quotidiennement de la hanche n’est pas une fatalité liée à l’âge. Si la douleur dicte votre emploi du temps et restreint vos activités, le moment est venu de consulter. Une prothèse de hanche permet de retrouver une articulation totalement indolore et une mobilité normale.
Vous souffrez de la hanche ? Vos traitements ne vous soulagent plus ? Prenez rendez vous pour un bilan complet au cabinet afin d’évaluer l’état de votre articulation et de discuter des solutions adaptées à votre profil.